Soundtrack : Philadelphia

Hello Zigos! Vous faites la fête et vous me lirez demain (j’ose le croire). Vous aurez une main sur un œil, pendant que l’autre surveillera de près la fonte d’un cachet effervescent, votre mâchoire manquant de se désolidariser toutes les deux minutes. 🤕 Oh, j’fais pas la maline, ça risque fort de me ressembler ça…

Bien… Pour clôturer le tout, je vous emmène en Pennsylvanie, dans la ville de l’amour éternel, où vous pourrez, à loisir, pleurer comme des madeleines, ce qui ne va pas arranger votre mal de crâne. Ça va pas être facile! Allez zou… Avalez votre aspirine, prenez votre courage à deux mains, j’vous file les mouchoirs.

Si je compte bien (et comme j’ai pas encore entamé le réveillon, je compte bien), cela fait 23 ans que je me cloque cette bande-son à chaque fois que je me sens chafouine. Il est vrai que pour remonter le moral, y a pas mieux 😉 Jonathan Demme à la réalisation – Howard Shore, magistral à la composition.

En alternance, d’autres artistes viennent animer la symphonie, même si, en fait, il faut tendre l’oreille. Ce ne sont que des bribes, justement orchestrées, de petites touches pour figer l’instant.

Vous avez certainement tous vu ce film, alors, petit rappel des faitsAndrew Beckett (Tom Hanks) est un brillant avocat dans le cabinet de Charles Wheeler (Jason Robards). Il est très entouré par une famille géniale et son compagnon, Miguel (Antonio Banderas) homme trompé, qui a pardonné, même si cette infidélité a brisé leur vie: Andrew, depuis, est séropositif.

À l’apparition des stigmates de la maladie, il est licencié pour faute professionnelle mais pense, à raison, que c’est parce qu’il a le SIDA. Pour la poursuite en justice, il va se tourner vers un de ses confrères, Joe Miller (Denzel Washington) qui, finalement, est aussi intolérant, écœuré, homophobe et apeuré que les autres. 

Miller, quelques mois plus tard, va finalement accepter, gagner le procès et obtenir de grosses indemnités de licenciement et arriérés de salaire, des dommages et intérêts pour humiliation et souffrance morale, et plus de 4 millions de dollars en réparation du préjudice subi.

À remettre forcément dans le contexte, ce film est sorti en 1993. Incurable (et les traitements pour stopper sa progression n’étaient pas ceux actuels) le VIH, avant de porter ce nom, était la peste, le cancer des homosexuels. Une manière de « rassurer » la population mondiale et de fustiger (encore) les personnes aux mœurs jugées douteuses ou contre nature. À cette discrimination, dont les malades firent l’objet, ajoutez la peur de la propagation (les médecins n’étaient pas super clairs au début) et l’embarras de la pathologie « honteuse ».

Eh bien!! Heureusement que nous avons évolué là-dessus, non? Mouais… Le virus a muté sans cesse, la médecine s’est adaptée et le regard porté sur les malades a progressé (un peu), mais les fichus préjugés idiots ont la peau dure.

Un extrait d’ailleurs marque l’isolement: « Une loi fédérale [] interdit la discrimination contre les handicapés capables d’éxécuter leurs fonctions [] Bien que le jugement ne parle pas du SIDA, des décisions de justice ultérieures ont jugé le SIDA comme un handicap à cause des limitations physiques engendrées et du préjudice entourant la maladie, qui équivaut à une mort sociale précédant la mort physique ».

Bon revenons à nos moutons… Ce film est un hymne à la vie, à l’amour. Pas une minute racoleur. Ce qui croît, au fur et à mesure, au fond des yeux de Tom Hanks et de Denzel Washington est si juste. La pitié et la haine s’effacent pour laisser place au soutien, à la tolérance. La naissance d’une amitié en somme. Et, cerises sur le gâteau, quatre chansons formidables:

Peter Gabriel et Lovetown, vous tirent la première balle. Balayés le désespoir et la détresse, au profit du besoin de vivre, de s’abandonner à la fête, de resserrer des liens déjà très forts. Un sursaut de bonheur.

Confidence pour confidence, je n’avais jamais écouté Maria Callas jusqu’à lors. L’aria La Mamma Morta est tirée de l’opéra André Chénier d’Umberto Giordano. L’interprétation de Tom Hanks, la voix de La Callas… Miller réalise en l’écoutant qu’Andrew est un homme, non défini par ses préférences sexuelles ou sa maladie. Un homme, juste un homme, qui fut un enfant mais ne deviendra jamais un vieillard. La peur, sourde au départ, va soudain crescendo. La souffrance, l’impuissance, la fin inéluctable. Ce passage, même si vous n’êtes pas gravement empathique (un de mes gros défaut) est une immense giffle. Terrible! Kleenex?

Pour résumer, nous parlons d’une vie, juste une vie, un voyage sur cette toute petite page dans l’histoire de l’humanité. Une flânerie qui débute par une inoubliable promenade au bras de Bruce Springsteen dans les rues de la ville.

Un trop plein d’émotions, jusqu’au grand final. Un petit film en Super8, Neil Young merveilleux de douceur et son piano qui vous colle la chair de poule.

Young et Springsteen furent tous deux nommés pour l’Oscar de la meilleure chanson originale. Après avoir obtenu le Grammy, Streets of Philadelphia sort grande gagnante (franchement, j’aurai voté égalité). Neil Young a reversé la plupart des bénéfices de son titre à des organisations caritatives et de recherche contre le virus. Tom Hanks, quant à lui, a raflé l’Oscar, le Golden Globe et le MTV Movie Award (rien que ça).

À ceux qui auraient eu le courage de finir l’année en se goinfrant mes âneries: Passez une bonne soirée quand même 😉

MeloP ζ

AIDES // Sidaction // RED

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