À l’arrière des Dauphines

[Playlist Extend]

Rétropédalage mes Zigos… On rembobine pour atterrir au pays des années 80, illuminé par les balbutiements des radios libres de la bande FM… Il était grand temps de dépoussiérer.

Par chance, dans la voiture, uniquement dans la voiture et uniquement avec mon papa, je pouvais choisir la fréquence salvatrice. C’est là qu’au détour d’un chemin, ou sur une aire d’autoroute, j’sais plus très bien, je fis la connaissance d’Alain et de sa copine, Gaby.

Et hop! Une rencontre de trois minutes et méthode roulette russe, c’en fut fait de ma pomme. M’en fallait pas plus pour que je tombe violemment accro. 

Alors oui, les dinosaures courraient encore sur la planète et je n’avais ni l’âge, ni l’argent, pour me payer la mini galette vinyle. J’ai dû attendre fébrilement le bon vouloir de la hiérarchie pour, enfin, pouvoir l’insérer dans mon mange-disque (objet vintage au nom super recherché).

Sauf que mes parents, passé le trip pétard qu’attend plus qu’une allumette, se sont un peu penchés sur son cas… Et c’est là qu’ils n’ont pas aimé. La dérive, le bad-boy, le sexe et le rock n’roll, enfin, le tout et le ratatou… Je ne pouvais PAS écouter ce genre de choses et j’vous passe les con*****s d’usage, genre: « t’es une fille quand même! ». Hmpff… Et bien, croyez-moi (ou pas), malgré le temps passé au bras de Serge, Jacques, Hubert, Jean-Louis ou Alain… je n’ai pas trop mal tourné (si, si, j’vous jure!).

J’sais pas vous mais moi si, en plus, on y met le parfum du fruit défendu… Heureusement, mon fabuleux cousin (j’suis pire que Columbo avec sa femme) s’est lui aussi entiché du bonhomme. Ce fut, quand même, la traversée de Paris jusqu’à la Porte de Clignancourt pour avoir accès à ses albums (ados, nous vivions chichement), le prix à payer pour pouvoir parcourir le Rio Grande au bras de Dean Martin.

À partir de là, rendez-vous était pris tacitement pour chaque sortie d’album, jusqu’à approcher et côtoyer le sublime, le splendide,

pour, à jamais révérer ce roi des scélérats à qui la vie a souri.

Jusqu’à l’antépénultième souffle où surgissant de sa chrysalide noir-détresse, un éclatant lépidoptère gracile vint se poser sur mon oreille pour, à jamais, y déposer un nectar inoubliable… un goût d’enfance heureuse. 

Alors pourquoi faut-il écouter et réécouter Bashung, me direz-vous…

Pour les fans pas besoin de grand discours, la romance perdurera. Pour les autres, faites-moi confiance, sa voix alcaline vous brûlera la peau et vous arrachera des frissons.

Ses tempos farcis aux doubles sens (un prochain AYTTM peut-être?) vous tatoueront l’esprit au fer rouge.

Son esprit libre et insubordonné vous balancera des estampes sombres mais dénuées de tristesse.

Et, si vous fermez les yeux, les textes, qu’il interprète avec brio, se dérouleront en des centaines de syllabes tentaculaires qui vous berceront de beauté, d’amour, de rêves et d’envie… de vie.

Passez une bonne soirée sur la planète Zigo et A+

MeloPζ

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