AYTTM: La Corrida

Pour la petite histoire – Christophe Thomas (photo).

[Melo] Plaidoyer anti-corrida, que l’on apprécie Francis Cabrel ou pas, cette chanson est bouleversante. Un leitmotiv simple « Est-ce que ce monde est sérieux? » Malheureusement… Et, nous devons lui reconnaître la puissance des mots. Il y a dans ce texte tout ce que j’exècre: la cruauté et la violence gratuite. Fermez les yeux, un film dramatique s’offre à vous. 

Depuis le temps que je patiente dans cette chambre noire, j’entends qu’on s’amuse et qu’on chante au bout du couloir. Quelqu’un a touché le verrou et j’ai plongé vers le grand jour. J’ai vu les fanfares, les barrières et les gens autour. Grande différence avec tout autre discours, là, nous raisonnons en taureau « de combat ». Nous entrons dans ses pensées et le spectacle l’agonie commence… maintenant.

[MaD] …ou pas, n’est-ce pas. Par contre les taureaux ça va : ils me mangent pas, je ne les mange pas. Je verrais mieux une corrida contre une nuée de moustiques.

[Melo] Certains y verraient moins de panache! Pauvres petits moustiques… C’est vrai, c’est compliqué mais… Peace… 

Dans les premiers moments j’ai cru qu’il fallait seulement se défendre mais cette place est sans issue, je commence à comprendre. Ils ont refermé derrière moi, ils ont eu peur que je recule. Je vais bien finir par l’avoir cette danseuse ridicule… Simplement, avec une description précise, il fixe le monde et le destin, il nous projette dans le subconscient de l’animal. À nous de ressentir, l’issue inéluctable, l’ombre et l’odeur de la mort qui flottent.

[MaD] Avec les poissons comestibles (Sophie, repose ce petit couteau) c’est une autre paire de bottes. Je peux les pêcher, les tuer, les écailler, les vider, les laver, les trancher, et les faire cuire. Par contre l’idée de me mettre à l’eau avec un piranha… boooof, pas franchement mon truc.

[Melo] Je sens que tu éludes!! 

Andalousie je me souviens, les prairies bordées de cactus.Je ne vais pas trembler devant ce pantin, ce minus! Je vais l’attraper, lui et son chapeau, les faire tourner comme un soleil. Ce soir la femme du torero dormira sur ses deux oreilles.

Je suis puissant, vaillant. Je suis un combattant et je ne baisserai pas les pattes si facilement. Sauf que Nature Vs. Humanité, la donne est toujours inégale et les règles tronquées. Là, dans l’arène, mis à part quelques « accidents » nul espoir est permis.

[MaD] On reparle du gorille ou pas? 

[Melo] Ou pas, ça m’a bien retourné ça aussi. No comment! C’est marrant comme l’homme (ou la femme) se targue de raisonner et fait preuve d’une totale ignorance face à l’animal ou la nature. Bref… Retournons à nos taureaux.

J’en ai poursuivi des fantômes, presque touché leurs ballerines. Ils ont frappé fort dans mon cou pour que je m’incline. Ils sortent d’où ces acrobates avec leurs costumes de papier? J’ai jamais appris à me battre contre des poupées. À l’évocation de cette phrase, ma gorge se serre, mes yeux piquent. Cette barbarie tolérée me donne la nausée.

Je suis blessé, épuisé, lassé de courir. Et cette épée qui transperce mon cou provoque une douleur atroce, je chancelle, je m’agenouille, je m’allonge. 

[MaD] …après je n’aime pas non plus qu’on bute des bœufs d’un coup de bâton électrique en plein milieu du crâne. Entre nous le steak m’intéresse pas, la danse du couteau et de la fourchette ne me fascine pas des masses.

[Melo] Sentir le sable sous ma tête c’est fou comme ça peut faire du bien.J’ai prié pour que tout s’arrête, Andalousie je me souviens. Je les entends rire comme je râle, je les vois danser comme je succombe. Je pensais pas qu’on puisse autant s’amuser autour d’une tombe.

On y est...

Voilà… Bravo, applaudissements, fanfare, hands up… Vous êtes des héros, des héroïnes, de vrai(e)s valeureux(ses)… Plutôt des sous-f*****g s**** qui ont besoin de prouver leur supériorité.  Qu’en serait-il au beau milieu d’un champ? Sans le chahut autour qui désoriente l’animal? D’égal à égal, de brave à brave? Et je vous rappelle, que nous humains, naissons sans cornes, ni armes. Alors? Qui serait le dominant, qui serait le dominé?

[MaD] L’être humain est du genre prédateur, d’ailleurs même ses semblables ne valent pas chers à ses yeux. La fanfare? Les bravos? Et si on coupe la musique entre les rayons, on achète moins de côtes, de tripes, d’aspartame? Tiens, je crois bien que j’dérive. Y a les gondoles qui stagnent et l’eau qui se vend sous plastique, ô Melo en bouteille de verre, oh non que non à la MaD cow, pis stop les ancestralités décervelées ! (Et dire qu’on pourrait être en 6018 sans l’an zéro qui nous a r’foutu les compteurs à la ramasse. »Tu ne tueras point ». « Bah c’est qui, Point? ». Ainsi ponctua le quidam.)

[Melo] Hélas!

Si, si hombre, hombre. Baila, baila. Baila, baila. Hay que bailar de nuevo y mataremos otros, otras vidas, otros toros. Y mataremos otros venga, venga a bailar…Y mataremos otros

Vas-y homme ou femme, danse, rit. Une vie ne vaut rien, c’est bien connu. Danse, drapé(e) dans ton sentiment de suprématie, danse pour fêter ta victoire et tue, continue de tuer, ta grandeur est à ce prix. P-I-T-O-Y-A-B-L-E.

[MaD] Après, je l’ai aussi en anglais le gorille.

[Melo] On refera un post en son hommage… A+ mes Zigos.

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